Conférence de JM Jancovici

Franc côt

Pilier
Je le présente rapidement pour ceux qui ne le connaissent pas. Il est professeur aux Mines et chercheur, son sujet favori c'est le changement climatique. Ce que j'aime bien chez lui c'est sa manière de présenter les choses sans ambages et de dire ce qu'il pense des éoliennes, des panneaux solaires, du programme hydrogène européen ainsi que du nucléaire.

 

Franc côt

Pilier
Du coup le résumé va être sous forme de points qui me paraissaient intéressants, je n'ai pas prévu de partie très développée ni de réflexion derrière. C'est la présentation du matériel brut.

Contexte :
Jean Marc Jancovici se présente lui-même comme professeur aux Mines et entrepreneur (associé de Carbone 4). Il participe aussi à « The Shift Project » qui est un groupe de réflexion. Il est aussi membre du haut conseil pour le climat.

Il a participé à une conférence à Genève devant un parterre de professionnels de la finance. Cela entre dans un contexte plus large qui est le développement de la Finance « éthique » avec des labels comme ESG (Économie Sociale Gouvernance) et les différents fonds ESG qui n’investissent que dans des entreprises bien notées par rapport à des critères extra-financiers comme le nombre d’administrateurs indépendants aux conseils d’administration, le pourcentage de femme cadre, les tonnes de CO2 émises par l’activité de l’entreprise, par les partenaires (fournisseurs, transporteurs…) de l’entreprise, et bien d’autres choses. Mais aussi l’émission des obligations « vertes » (green bonds) et des émissions d’obligations durables (sustainable loan). La différence notable entre les deux c’est que les prêts durables ont des obligations contractuelles qui permettent de réviser le taux d’intérêt selon l’impact environnemental/social du projet derrière. Alors que les obligations vertes n’ont rien de tout ça. Les marchés financiers essaient de se tourner vers les investissements « durables » et « verts ».

Points clés :

  • Les gaz à effet de serre sont des opacifiants à l’évacuation de l’énergie planétaire sous forme d’infrarouge. Il y a l’eau, le CO2, le méthane… ce qui réchauffe la température au sol.
  • Le digital et la dématérialisation ne réduisent en rien les émissions de ces gaz, au contraire.
  • La grande hausse des services a eu une influence sur l’augmentation des émissions des gaz.
  • Le développement des énergies renouvelables n’a pas ralenti les émissions.
  • Tant que le CO2 est dans l’air, il ne va se désagréger que lentement et restera sur une très longue période en suspension. La photosynthèse et l’équilibrage air-mer sont les seuls moyens pour réduire sa concentration. Il faudrait 10 000 ans pour qu’il ne reste plus que 10 % de ce surplus de CO2 dans l’atmosphère, mais il faudrait 1 siècle pour qu’il ne reste plus que 50 % de ce surplus. Bien entendu cela sous-entend un arrêt total des émissions.
  • Le climat et l’environnement sont instables à cause de cette surconcentration de CO2 et cela le restera sur les milliers d’années à venir.
  • Les vingt prochaines années sont déjà prévisibles en termes de hausse des températures, peu importe le scénario des émissions de GES, en raison de l’inertie de nos émissions passées et de la dégradation très lente du CO2 dans l’air. Le décalage est de 20 ans entre l’action et la réaction :
  • Jupiter et Saturne ont une influence sur les cycles glaciaires/interglaciaires de la Terre.
  • L’augmentation de la température moyenne de 5° a permis la fin de l’ère glaciaire sur une plage de plusieurs milliers d’années. On prévoit un réchauffement de 4° en l’espace de 1 siècle.
Une simple augmentation de 4° rendrait des endroits inhabitables puisque ce serait impossible pour un corps humain de se refroidir en raison de la saturation en humidité de l’air. Donc forcément cela conduira à des mouvements de population.

  • Les sols vont s’assécher même en gardant la même pluviométrie avec une hausse des températures. L’insécurité alimentaire va devenir une norme au niveau planétaire.
  • Un marqueur qui permet de prouver que c’est l’activité humaine et non solaire qui créer ce changement climatique c’est la stratosphère qui se refroidit en raison des GES qui pièges les infrarouges au sol.
  • Comme il y a un différentiel plus grand entre le sol et la stratosphère alors les ouragans et autres catastrophes vont être plus fréquents.
  • Le Groenland fondra peu importe ce que nous faisons et contribuera entre 3 et 6 mètres de la hausse des océans.
  • Le CO2 va s’échanger entre l’air et l’eau. Dans l’eau, il va l’acidifier et empêcher la formation de calcaire par les zooplanctons (base de la chaîne alimentaire).
  • La limite entre les climats s’affaiblit ce qui va favoriser des changements brutaux de température.
  • Le réchauffement va favoriser le développement des pathogènes, fonte du permafrost et lâchée du méthane dans l’atmosphère.
  • L’Université de Chicago a calculé que le coût de la tonne de carbone, en impact sur le climat, pourrait être évalué entre 10 000 $ et 600 000 $. Donc un français qui « rapporte » environ 33 000 € par an (PIB/nombres d’habitants) coûte 11 tonnes * 305 000 € (moyenne entre 600K et 10K) = 3,35 millions € au climat. Donc la réparation des dommages sera hors de prix.
  • Si on veut se limiter à 2° d’augmentation de la température, il faudrait que l’humanité n’eût émis dans son histoire que 3000 milliards de tonnes dont 2250 ont déjà été émises. En sachant que les 3000 milliards ont largement été émis entre 1850 et aujourd’hui. Donc les générations à venir auront un « budget » carbone bien réduit par rapport aux nôtres et à celui de nos grands-parents. Le problème c’est qu’il faut réduire les émissions dans un temps extrêmement limité (50/70 ans) en sachant qu’en 2018 nous avons émis 37 milliards de tonnes et que l’augmentation n’est pas linéaire.
  • Décomposition des émissions de GES :
    • Energies + Industries --> 43%
    • Bâtiments --> 5%
    • Transports --> 14%
    • Agriculture --> 20%
    • Déforestation --> 11%
    • Autres --> 7%

  • Pour réduire les émissions de l’agriculture et de la déforestation, il faut réduire la population humaine et la part en viande dans notre alimentation.
  • La part des énergies fossiles dans notre consommation d’énergie oscille autour des 80 % depuis la fin des années 60.
  • Les énergies renouvelables (éolien, solaire) utilisent des énergies fossiles pour produire les machines nécessaires à leur exploitation. C’est pour ces raisons (et les subventions) que le kWh des éoliennes et du solaire n’est pas cher grâce aux énergies fossiles.
  • Les énergies renouvelables sont dépendantes de facteurs environnementaux (vent, exposition, cycle jour/nuit) et ne permettent pas d’avoir une énergie disponible tout de suite et tous le temps.
  • Le PIB mondial ne repose que sur l’énergie, il est 200 fois plus grand qu’il ne serait sans machine. Le PIB est d’ailleurs corrélé au parc de machine :
  • Contracter l’énergie consommée pour réduire les émissions sans réduire le PIB et donc aller vers une récession est structurellement impossible. L’avenir est plutôt porté vers une fin des démocraties et l’établissement de gouvernement autoritaire pour contrôler la population dans un monde sans croissance.
  • Le choix est de contracter l’émission de CO2 en réduisant le PIB de manière gérée ou attendre que l’environnement s’en charge.
  • La production mondiale de pétrole conventionnel a atteint son pic en 2008 et diminue depuis.
  • On peut réduire le PIB mondial par habitant à l’extraction de pétrole et à cause de la décrue d’extraction du pétrole, les pays de l’OCDE vont entrer en décroissance structurelle :
  • Il va falloir faire un choix entre subir une régulation environnementale en gardant le même nombre d’émissions et donc subir des réductions de population rapide et violente (pathogènes). Ou alors, faire le choix de réduire les émissions brutalement et subir des changements sociétaux radicaux et gérer la répartition de moins de ressource.
  • Le projet hydrogène européen est une blague. L’hydrogène n’est pas une source d’énergie, l’énergie que l’on dépense pour produire de l’hydrogène est supérieure à l’énergie que l’on va récupérer avec cet hydrogène. Les utilisations les plus pertinentes de l’hydrogène sont la fabrication d’ammoniac et la désulfuration des carburants.
  • La solution qu’il propose pour faire une transition plus douce vers une décarbonation c’est le nucléaire.
 

Fichiers joints

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
Voilà qui est bien inquiétant. :peur:

La corrélation du PIB aux machines et au pétrole est un point qu'il faudra intégrer quand on parlera d'économie.

Honnêtement je ne pense pas qu'on aura une vraie réaction, juste des "blagues" comme le projet hydrogène, les énergies renouvelables, le "captage" du CO2, etc. (Il y a aussi des gens qui disent que la fusion nucléaire va régler tous nos soucis. Je les cite en passant même si je suis sceptique.)

La création de communautés alternatives ayant pour objet de survivre à cette catastrophe annoncée me semble bien être la solution, au moins pour nous (je ne pleurerai pas la mort du système :noel:). Mais il soulève pas mal d'éléments qui pourraient grandement compliquer les choses.
 

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
Les trucs les plus inquiétants, point par point.

:d) Il faudrait 10 000 ans pour qu’il ne reste plus que 10 % de ce surplus de CO2 dans l’atmosphère, mais il faudrait 1 siècle pour qu’il ne reste plus que 50 % de ce surplus.

Ça s'annonce mal pour la société qui prendra la relève de celle-ci. 10k ans, c'est long. N'y a-t-il aucun moyen d'accélérer le processus ?

:d) Donc forcément cela conduira à des mouvements de population.

Gros mouvement Afrique -> Europe en approche. Ça sent mauvais.

:d) Les sols vont s’assécher même en gardant la même pluviométrie avec une hausse des températures. L’insécurité alimentaire va devenir une norme au niveau planétaire.

Ça pose évidemment la question de la production de nourriture artisanale à échelle locale afin de permettre à nos écovillages de survivre.

J'imagine que le cœur de son propos c'est que l'Amérique du Sud va être niquée donc on pourra plus produire en masse pour nourrir toute la surpopulation qu'on se tape actuellement donc collectivement ça va être la merde. Mais ça n'empêche pas de se demander comment ça va se traduire pour nous. :srx:

:d) Comme il y a un différentiel plus grand entre le sol et la stratosphère alors les ouragans et autres catastrophes vont être plus fréquents.

Fiou faudra bien se préparer à ce genre de trucs alors.

:d) Le CO2 va s’échanger entre l’air et l’eau. Dans l’eau, il va l’acidifier et empêcher la formation de calcaire par les zooplanctons (base de la chaîne alimentaire).

Est-ce que ça risque de mettre fin à toute vie sur terre, ou en tout cas à la vie humaine ? Il ne semble pas le penser, mais le manque de détails n'est pas rassurant. :sueur:

:d) Contracter l’énergie consommée pour réduire les émissions sans réduire le PIB et donc aller vers une récession est structurellement impossible. L’avenir est plutôt porté vers une fin des démocraties et l’établissement de gouvernement autoritaire pour contrôler la population dans un monde sans croissance.

Vu que notre but c'est justement de profiter de la catastrophe pour niquer les gouvs et créer un Tradistan indépendant, c'est une perspective peu réjouissante. Est-ce que les gouvernements ne risquent pas, à terme, de perdre leur avantage technologique ? Est-ce qu'il y a la possibilité d'une catastrophe qui soit un "choc" plus qu'un changement lent et donc offre une fenêtre d'opportunité ?
 

Valyrian

Pilier
J'avais eu un cours sur l'écologie récemment (et un sur la Chine, d'ailleurs, je ferais peut être un TLDR rapide sur le sujet). Je vais juste noter ce qui me passe par la tête niveau commentaire.

Ya souvent une confusion qui est faite entre électricité et énergie quand on parle d'écologie. On vous dit souvent que le nucléaire est source de la majeure partie de l'électricité en France, ce qui est tout à fait vrai, mais il représente une assez petite fraction de l'énergie totale consommée. Ben oui, faire chauffer sa douche, sa bouffe, son four, utiliser sa voiture, les avions et compagnie c'est de l'utilisation d'énergie, mais sous forme physique pourrait-on dire, et c'est généralement pas de l'électricité.

Le passage à du tout-électrique, bien que théoriquement moins polluant, est loin d'être évident pour deux raisons : déjà parce que ça coûte vla cher de stocker l'électricité et les batteries c'est toujours aussi polluant, et ensuite parce que convertir de l'énergie en électricité fait perdre une grande partie de l'énergie potentielle. En gros les usines électrique à charbon ça utilise beaucoup de charbon pour faire peu d'électricité, on perd beaucoup d'énergie potentielle en faisant de l'électricité comme ça.

Pour les énergies renouvelables, grosso modo pour l'instant ça ne décolle pas et c'est pas fiable, d'autant plus qu'il y a des problèmes colossaux d'investissements : on a un délai de pay-back (le temps qu'un investissement commence à être rentable) de parfois des années et des années, et déjà que personne en 2020 ne fait des plans d'investissement sur plus de 5 ans à cause de l'incertitude, le financement est bien laborieux. Sans parler du fait que ce genre de choses soient soumis à un risque industriel important : si t'oriente mal tes éoliennes ou tes panneaux solaires, laisse tomber.

La taxe carbone c'est pas une mauvaise idée en théorie, mais en pratique faudrait taxer de façon KOLOSSALE pour qu'il y ait un vrai impact au niveau de la production, la taxe carbone actuelle est TRÈS LARGEMENT insuffisante.

Une amélioration de l'efficacité de l'utilisation de l'énergie paraît être une bonne idée au début mais en vérité ce qu'il va se passer c'est que si on utilise mieux l'énergie, on utilisera l'énergie qu'on a économisé pour polluer encore plus, et ça a l'air de se vérifier dans les chiffres. C'est aussi une inquiétude que même si on arrive par miracle à imposer les nouvelles énergies, la baisse du prix du pétrole (car baisse de la demande) le rendra d'autant plus attractif. En gros : les entreprises regardant ce qui est le moins cher entre continuer à polluer (et donc payer les taxes) et devenir ecolo, si le pétrole baisse les entreprises vont être invitées à continuer à polluer.
 

Franc côt

Pilier
Voilà qui est bien inquiétant. :peur:

La corrélation du PIB aux machines et au pétrole est un point qu'il faudra intégrer quand on parlera d'économie.

Honnêtement je ne pense pas qu'on aura une vraie réaction, juste des "blagues" comme le projet hydrogène, les énergies renouvelables, le "captage" du CO2, etc. (Il y a aussi des gens qui disent que la fusion nucléaire va régler tous nos soucis. Je les cite en passant même si je suis sceptique.)

La création de communautés alternatives ayant pour objet de survivre à cette catastrophe annoncée me semble bien être la solution, au moins pour nous (je ne pleurerai pas la mort du système :noel:). Mais il soulève pas mal d'éléments qui pourraient grandement compliquer les choses.
Le pire étant que nous allons connaître le début de ces événements, et ne pensons même pas à nos enfants :peur:

C'est quelque chose dont je n'avais jamais entendu parler. C'est étonnant de simplicité de réduire le PIB à l'énergie produite mais ça nous éclaire bien sur la dépendance de l'homme à la machine. Bernanos ne se trompait pas :noel:

Ce qu’il faut intégrer dans le projet d’une communauté autonome c’est le fait que la population à nos latitudes va exploser dans un premier temps, en raison des déplacements massifs de population. Il va y avoir plus de concurrence pour les ressources dans un territoire qui va devenir plus aride et qui va se réduire en raison de l'avancée de la mer. Je n’ai pas calculé la population des latitudes qui vont devenir des zones inhabitables, mais je ne serais pas étonné qu’on puisse compter entre 50 et 70 % de la population mondiale actuelle.
 

Franc côt

Pilier
:d) Il faudrait 10 000 ans pour qu’il ne reste plus que 10 % de ce surplus de CO2 dans l’atmosphère, mais il faudrait 1 siècle pour qu’il ne reste plus que 50 % de ce surplus.

Ça s'annonce mal pour la société qui prendra la relève de celle-ci. 10k ans, c'est long. N'y a-t-il aucun moyen d'accélérer le processus ?
Selon lui, si l'on essaie de retirer le CO2 présent dans l'air alors le CO2 qui se sera concentré dans l'océan va ressortir pour égaliser le système. Donc on aura beau faire autant de puits carbone que l'on veut et de système pour retirer le CO2, l'océan continuera de relâcher ce qu'il a absorbé. Et la masse qui a été émise est gigantesque.

:d) Donc forcément cela conduira à des mouvements de population.

Gros mouvement Afrique -> Europe en approche. Ça sent mauvais.
En gros ce sont tous les pays les plus peuplés (Nigéria, Brésil, Inde, Indonésie...) qui seront les plus touchés. On peut penser que quand les mouvements vont débuter, nous aurons déjà réduit les échanges internationaux et les transports donc le déplacement se fera de proche en proche et progressivement. Mais bon, lancer plus de la moitié de l'humanité sur les routes, ça ne va pas être drôle.

:d) Les sols vont s’assécher même en gardant la même pluviométrie avec une hausse des températures. L’insécurité alimentaire va devenir une norme au niveau planétaire.

Ça pose évidemment la question de la production de nourriture artisanale à échelle locale afin de permettre à nos écovillages de survivre.

J'imagine que le cœur de son propos c'est que l'Amérique du Sud va être niquée donc on pourra plus produire en masse pour nourrir toute la surpopulation qu'on se tape actuellement donc collectivement ça va être la merde. Mais ça n'empêche pas de se demander comment ça va se traduire pour nous. :srx:
Même à notre niveau les sols vont s'assécher, d'ailleurs le pourtour méditerranéen va être durement touché. Les incendies de forêts vont devenir la norme. Donc je suppose que ça va être compliqué. En sachant que l'instabilité alimentaire c'est la base des révoltes populaires et des renversements de régime.
1604248225533.png
:d) Le CO2 va s’échanger entre l’air et l’eau. Dans l’eau, il va l’acidifier et empêcher la formation de calcaire par les zooplanctons (base de la chaîne alimentaire).

Est-ce que ça risque de mettre fin à toute vie sur terre, ou en tout cas à la vie humaine ? Il ne semble pas le penser, mais le manque de détails n'est pas rassurant. :sueur:
Je suis vraiment pas expert en biodiversité mais le zooplancton c'est vraiment la brique élémentaire de la vie marine donc s'il disparaît je suppose que les espèces marines vont s'éteindre petit à petit :sueur:

:d) Contracter l’énergie consommée pour réduire les émissions sans réduire le PIB et donc aller vers une récession est structurellement impossible. L’avenir est plutôt porté vers une fin des démocraties et l’établissement de gouvernement autoritaire pour contrôler la population dans un monde sans croissance.

Vu que notre but c'est justement de profiter de la catastrophe pour niquer les gouvs et créer un Tradistan indépendant, c'est une perspective peu réjouissante. Est-ce que les gouvernements ne risquent pas, à terme, de perdre leur avantage technologique ? Est-ce qu'il y a la possibilité d'une catastrophe qui soit un "choc" plus qu'un changement lent et donc offre une fenêtre d'opportunité ?
Il n'a pas beaucoup parlé de ça malheureusement. En gros, il a montré la croissance éco sur 2000 ans et il a dit "regardez, de l'an 1 à 1850 y'a pas de croissance ou alors des poches (Angleterre du XVIIIe, Hollande, La Hanse...) mais ce n'est pas grave parce qu'on a des gouvernements autoritaires qui peuvent maintenir le peuple. Dans un contexte de récession structurelle, nos gouvernements vont soit sauter (opportunité) soit se transformer progressivement en régime autoritaire. Et ce qu'il disait c'est que c'est impossible de probabiliser le risque parce qu'on a sûrement des chocs qui vont apparaître de manière aléatoire que l'on ne connaît pas encore. Tout est possible mais il n'y a pas grand chose de positif.
 

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
Honnêtement j'ai envie qu'on voit tout le truc de notre vivant. Ça me ferait chier de laisser la création de la société future à nos enfants. Je veux goûter à un peu de triomphe. :srx:
Vu que c'est déjà bien en cours et que ça va en s'accélérant, inshallah. :pray:
(Mais ça renforce aussi la nécessité de se préparer.)

Je t'avoue que quand je disais "nous" je parlais des créatures biologiques que nous sommes, sans vraiment prendre en considération la France en tant qu'entité géographique. Vu ce que tu as décrit, il serait peut-être de bon aloi de créer notre base principale au Groenland, dans les plaines du nord de la Sibérie, etc. ; ça pourraient bien être les foyers fertiles de demain, notre nouvelle Hyperborée. :noel:

On se retrouve donc face à trois dangers principaux :
:d) Les autres gens, à savoir les mouvements migratoires, les gouvernements désespérés, et les crève la dalles.
:d) Les pathogènes, qui avec un peu de chances vont réguler la première catégorie.
:d) Les changements dans l'environnement, comme l'inhabitabilité de certaines zones, la sécheresse des sols, etc.

On a quand même deux possibilités. Soit tenter un truc dans la mêlée générale, soit attendre que la situation se soit calmée. La première aurait le désavantage de nous mettre en première ligne face aux autres groupes, mais la deuxième signifierait aussi qu'on ferait face à des groupes plus stabilisés et organisés. (Et on devrait gérer la logistique du planquage pendant un bon siècle smh.)
 

Valyrian

Pilier
Je rajoute au passage que je suis globalement d'accord avec Tigrou sur le fait qu'il est très inquiétant de constater que niveau bouffe, ça va être galère, d'autant que certains coins de l'Espagne et du Sud de la France sont déjà considérés comme semi-desertiques, il est fort possible que le climat d'une partie de l'Europe du Sud soit particulièrement endommagé. Cela dit on a la chance d'être entouré par de la flotte (et ça c'est pas mal puisque ça tempère notablement les pires effets de la chaleur étouffante). Je me demande aussi si la disparition graduelle du Gulf Stream va pas permettre à l'Europe de garder un climat plus frais que prévu.

Quant aux migrations climatiques, elles me paraissent inévitables, cela dit il est possible qu'elles soient arrêtées par les peuples qui sont entre nous et eux, par exemple tout ce qui est Maroc est compagnie :noel:

D'ailleurs ça me fait penser que l'augmentation de la température va permettre à certaines terres, comme en Sibérie, d'être cultivables. J'imagine que c'est déjà ça de gagné.

D'ailleurs, les migrations massives causeront probablement des famines de masse, parce qu'on ne pourra tout simplement pas nourrir les gens qui viennent. À long terme, ça me paraît être un problème qui se resoud tout seul, et ce d'autant que d'après la carte on va avoir une expansion massive du désert, ce qui va rapidement devenir une barrière très difficile à passer. Surtout que la situation en Afrique Centrale ne me paraît pas glorieuse au vu de la situation géopolitique actuelle, la zone va rapidement devenir infiniment plu dangereuse. Ça risque de poser problème, mais je suis bien plus inquiet de l'aridité croissante de nos territoires, surtout si le niveau des rivières par exemple se met à diminuer à cause de la chaleur. Les zones proches de la mer et le filtrage de l'eau salée (qui n'a en soi rien de bien compliqué techniquement) risque d'être quelque chose d'assez primordial pour irriguer les cultures si on prend vraiment 4 et quelques degrés :sueur:
 

Valyrian

Pilier
Honnêtement j'ai envie qu'on voit tout le truc de notre vivant. Ça me ferait chier de laisser la création de la société future à nos enfants. Je veux goûter à un peu de triomphe. :srx:
Vu que c'est déjà bien en cours et que ça va en s'accélérant, inshallah. :pray:
(Mais ça renforce aussi la nécessité de se préparer.)

Je t'avoue que quand je disais "nous" je parlais des créatures biologiques que nous sommes, sans vraiment prendre en considération la France en tant qu'entité géographique. Vu ce que tu as décrit, il serait peut-être de bon aloi de créer notre base principale au Groenland, dans les plaines du nord de la Sibérie, etc. ; ça pourraient bien être les foyers fertiles de demain, notre nouvelle Hyperborée. :noel:

On se retrouve donc face à trois dangers principaux :
:d) Les autres gens, à savoir les mouvements migratoires, les gouvernements désespérés, et les crève la dalles.
:d) Les pathogènes, qui avec un peu de chances vont réguler la première catégorie.
:d) Les changements dans l'environnement, comme l'inhabitabilité de certaines zones, la sécheresse des sols, etc.

On a quand même deux possibilités. Soit tenter un truc dans la mêlée générale, soit attendre que la situation se soit calmée. La première aurait le désavantage de nous mettre en première ligne face aux autres groupes, mais la deuxième signifierait aussi qu'on ferait face à des groupes plus stabilisés et organisés. (Et on devrait gérer la logistique du planquage pendant un bon siècle smh.)
L'avantage d'une communauté qui se base sur une idée, c'est que tu peux répandre celle ci en premier lieu pour préparer le terrain pour la suite, d'autant que si l'idée a l'air de marcher et de permettre une alternative enviable par rapport au reste, ça peut se propager très vite sans nécessairement de confrontation directe. De toute manière, la tactique gagnante dépendra largement du contexte dans laquelle on se trouve, se mettre en première ligne quand plein de concurrents balèzes sont en pleine forme c'est pas le bon plan, pas plus que de se planquer pendant que ceux d'en face pansent leurs plaies. C'est une mauvaise idée de mettre tous ses œufs dans le même panier en pariant tout sur une stratégie à mon avis
 

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
Le truc c'est qu'avant l'effondrement on sera forcément une toute petite minorité. Ça nous permettra d'ailleurs de mieux accuser le choc, vu que les ressources seront rares. Mais ça veut aussi dire qu'on aura relativement peu de moyens et que chaque action sera corrélée à un risque certain. J'ai peur qu'on ne puisse pas poursuivre toutes les lignes stratégiques en même temps, comme le font les Américains. :pls:

C'est d'autant plus vraie qu'une partie substantielle de nos efforts sera dirigée vers la préservation de la culture, et les technologies pour le long terme, plutôt que simplement la logistique de la survie. :noel:

On pourra établir un certain nombre de "foyers" dans lesquels avoir des membres par contre, afin d'éviter d'avoir tous les œufs dans un même panier, tout ça. La France est une évidence, et j'ai déjà mentionné le Groenland et la Sibérie. On peut aussi penser à la Scandinavie, l'Islande, l'Amérique du Nord, ainsi que le Maghreb. J'imagine que certains points d'Asie sont également envisageables, comme le Tadjikistan, mais ma connaissance de l'Asie est trop mauvaise pour vraiment en parler.
 

Valyrian

Pilier
En théorie, si ça se casse vraiment la gueule, si on a un avantage technologique et organisationnel certain, on peut très rapidement recruter pas mal de monde dans les coins où on est installé, puisque ça permet de se substituer à un État qui n'est plus là pour assurer ses trucs comme la défense, par exemple. Pour autant que je sache, les gens en temps de crise ont tendance à se serrer les coudes une fois que l'étape "j'espère qu'ils vont pas me trancher la gorge dans mon sommeil" est franchie, ce qui peut aider de façon assez substantielle pour le problème d'effectifs, par exemple :noel:

Idéalement il faudrait effectivement parsemer une assez grande distance de plusieurs communautés de ce type histoire d'avoir des points d'appuis un peu partout mais le problème reste le recrutement :sueur:
 

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
Le problème agricole persiste. À quoi bon recruter en grand nombre, avant ou après effondrement, si on ne peut pas nourrir ces gens ?

Je ne sais pas si le problème du financement se résoudrait de lui-même par les dons et compagnie. L'air de rien il faudra quand même acheter des terrains, mettre en place pas mal de trucs, et permettre à un certain nombre de permanents de se concentrer sur nos objectifs sans mourir de faim pour autant.
 

Franc côt

Pilier
Je rajoute au passage que je suis globalement d'accord avec Tigrou sur le fait qu'il est très inquiétant de constater que niveau bouffe, ça va être galère, d'autant que certains coins de l'Espagne et du Sud de la France sont déjà considérés comme semi-desertiques, il est fort possible que le climat d'une partie de l'Europe du Sud soit particulièrement endommagé. Cela dit on a la chance d'être entouré par de la flotte (et ça c'est pas mal puisque ça tempère notablement les pires effets de la chaleur étouffante). Je me demande aussi si la disparition graduelle du Gulf Stream va pas permettre à l'Europe de garder un climat plus frais que prévu.

Quant aux migrations climatiques, elles me paraissent inévitables, cela dit il est possible qu'elles soient arrêtées par les peuples qui sont entre nous et eux, par exemple tout ce qui est Maroc est compagnie :noel:

D'ailleurs ça me fait penser que l'augmentation de la température va permettre à certaines terres, comme en Sibérie, d'être cultivables. J'imagine que c'est déjà ça de gagné.

D'ailleurs, les migrations massives causeront probablement des famines de masse, parce qu'on ne pourra tout simplement pas nourrir les gens qui viennent. À long terme, ça me paraît être un problème qui se resoud tout seul, et ce d'autant que d'après la carte on va avoir une expansion massive du désert, ce qui va rapidement devenir une barrière très difficile à passer. Surtout que la situation en Afrique Centrale ne me paraît pas glorieuse au vu de la situation géopolitique actuelle, la zone va rapidement devenir infiniment plu dangereuse. Ça risque de poser problème, mais je suis bien plus inquiet de l'aridité croissante de nos territoires, surtout si le niveau des rivières par exemple se met à diminuer à cause de la chaleur. Les zones proches de la mer et le filtrage de l'eau salée (qui n'a en soi rien de bien compliqué techniquement) risque d'être quelque chose d'assez primordial pour irriguer les cultures si on prend vraiment 4 et quelques degrés :sueur:
Valy, il ne faut pas oublier que les pays qui pourraient retenir les flux de population, au départ, seront en déficit de produit agricole notamment le blé. Donc rien ne dit que les habitants de ces pays ne vont pas aussi faire partie de la cohorte de gens à venir chez nous :sueur:
Le pourtour Sud de la Méditerranée importe du blé, notamment de la Russie qui a significativement augmenté ses surfaces agricoles ces dernières décennies. C'est le premier exportateur de cette céréale. Mais comme toi et Tigrou le dites, la Russie sera sans doute un Eldorado pour la culture. On peut s'amuser à faire des projections et se dire que la futur première puissance sera peut-être la Russie :thinking:
 

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
La Chine lorgne déjà sur la Sibérie pour faire face à sa surpopulation. Si son territoire crame, ça risque d'être encore pire. Elle pourrait bien aller essayer de se tailler une part du gâteau. On peut simplement espérer que ça affaiblisse les deux camps, puisque l'on ne veut ni de l'un, ni de l'autre. :srx:

On a assez peu spéculé sur ce qui se passera en Amérique du Nord, mais à première vue une partie importante du territoire américain restera habitable, non ?
 
Haut