Art La peinture en poésie

Franc côt

Pilier
Normalement, on appelle ça un "Ekphrasis" ou "expliquer jusqu'au bout" - On peut remercier Poulpe qui m'a donné l'appellation sinon j'aurais cru créer un truc nouveau :slip: - mais personne n'aurait cliqué avec un titre pareil. Sauf celui dans le fond qui apprend le grec ancien. Le but ici, c'est de créer un poème à partir d'un tableau. Inventer une histoire en prose ou en vers. Personnellement, je vais utiliser de la prose pour cette fois parce que... euh... :sueur:

La définition wiki :
Aux premiers siècles de notre ère, l’ekphrasis est un discours descriptif qui met sous les yeux de manière vivace le sujet qu'il évoque, qui peut être une personne, un lieu, un événement.
L'homme contemplant la mer de nuage.jpg
[Le voyageur au-dessus de la mer de nuage, Caspar David Friedrich, 1818, courant romantique]

L’homme se tient debout sur le roc, le pic. Armé de sa canne de marcheur il s’aide, la plantant dans le sol tel un soldat libérant une zone occupée ou un colon s’adjugeant une province nouvelle. La montée fut rude, des perles de sueur lui glissent le long du front. Heureusement pour lui, la météo est douce, un vent frais lui caresse le crâne et fait s’envoler en une kyrielle de gouttelette la seule trace qui atteste de la rigueur du périple.

Enfin, conquérant, il peut contempler le paysage ou plutôt ce qui se dresse au-dessus. Las, une masse gigantesque a décidé de lui occulter la vue. Une mer, non pas liquide, mais vaporeuse. Une mer de nuage, de brume. Quelle immaculée vision, elle est presque éblouissante.

Quelques monts se font voir en la transperçant de part en part. Ils sont aussi acérés que les outils fait à partir de leur sein. Ces monts métallifères de l’Elbe ne se laissent pas intimider par quelques masses nuageuses. Ils tranchent, percent, coupent, fendent et hachent quiconque pense leur être supérieur.

L’aventurier explore le paysage de ses yeux, à défaut d’avoir des bottes de sept-lieux. Il aperçoit le Fichtelberg, le « mont aux sapins », quel dommage que les Margraves successifs aient décapités la forêt primaire. Quelle beauté cela eût eu !

Nous aurions pu alors confronter la mer de nuage à celle d’émeraude. Nous en aurions ressortis une vague image de communion entre les forces chtoniennes, telluriques et ouraniennes, célestes.

Mais au plus proche de lui, il aperçoit quelques poches d’arbres, îlots rescapés de la faim du monstre industrie. Celui qui dévore le ventre de notre Terre pour en faire des armes. Mais que l’on ne soit pas dupe, jamais il n’est repu. Tant que les hommes lui apporteront des offrandes, il continuera à engloutir notre monde.

Après s’être perdu quelques minutes en songe, le vent le rappelle à la réalité en lui assénant une morsure. Nous ne sommes pas dans la Sibérie saxonne pour rien ! Quelle idée de s’attaquer à une telle montagne avec une redingote. La descente sera laborieuse mais une fois rentré au niveau de la mer, il pourra raconter aux urbains n’ayant pas le goût des cieux ce qu’il a vu.
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Bon j'ai pris des libertés, normalement c'est le mont Rosenberg ou Kaltenberg selon Wiki.
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Sinon dans le genre description d'un évènement de manière détaillée, vous avez La corrida de Gilbert Bécaud :
 
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Tigrou

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J'ai toujours vu le paysage devant lui comme reflétant le paysage à l'intérieur de lui, comme une sorte de miroir. J'associe aussi ce tableau à la figure du héros byronien. :noelpipe:
 

Franc côt

Pilier
J'ai toujours vu le paysage devant lui comme reflétant le paysage à l'intérieur de lui, comme une sorte de miroir. J'associe aussi ce tableau à la figure du héros byronien. :noelpipe:
Je vois ce que tu veux dire, le côté brumeux peut faire penser à nos idées, enfin c'est la manière dont je vois ma pensée. Ce n'est pas comme si tout était clair, il n'y a que la pensée sur laquelle on se concentre qui nous semble claire mais tous le reste est dans le brouillard :thinking:

Je ne connaissais pas du tout Lord Byron, j'irai regarder ça :noel:
 
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