Intello Topic unique sur l'économie

Zaar

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Chouette topic, grâce à vous je me replonge dans des notions abordées durant ma filière ES (où j'ai eu la chance d'avoir des profs qui nous faisaient des parenthèses un peu plus poussées sur la monnaie et les politiques attenantes) tout en approfondissant le sujet.

Sur recommendation d'un de mes colocataires, je vais me regarder d'ailleurs le documentaire Arte "Comment le métal blanc a façonné le monde" car il est vrai que lorsqu'est évoqué le débat étalon-or VS bimétallisme, on ne sait jamais complètement pourquoi l'argent précisément est venu seconder l'or hormis par une abondance à peine plus élevée que ce dernier, quand on pouvait privilégier d'autres métaux plus communs (je pense au cuivre par exemple).

Je laisse les liens pour les curieux :



 

Franc côt

Pilier
Et le soucis c’est que, de fait, les actionnaires veulent que le dirigeant maximise le plus possible la valeur de marché de la firme, en gros, les dirigeants ont parfois des pressions pour qu’ils fassent de la communication et des trucs qui plaisent aux marchés plutôt que des décisions qui assureraient un pérennité plus long terme de l’entreprise (ou même qui les arrangerait eux personnellement).
Je n’ai plus la source, mais j’avais vu que la durée de possession d’actions s’était fortement réduite depuis les années 2000. Il me semble qu’actuellement un fonds cherche une rentabilité en 5 ans. D’où les stratégies de licenciement pour améliorer la rentabilité, etc. Finalement, après les 5 ans, il ne reste qu’une coquille vide.

On a aussi un phénomène où les actions en question deviennent totalement déconnectées de la valeur réelle des entreprises et qu’elles sont de plus en plus uniquement utilisées pour spéculer, à tel point qu’acheter des actions pour investir c’est devenu l’exception plutôt que la règle, j’ai l’impression. Et bref, spéculation = nul comme je l’ai dit dans un pavé, ou du moins on a des raisons de le penser :noel:
J’ai envie de dire que c’est valable depuis que les banques centrales se sont mises à racheter le marché. D’où le fait que le CAC40 et les autres bourses tapent des maximum presque tous les jours alors que les économies n’ont pas encore complètement récupéré. Après, pour les start-up, on a souvent une décorrélation entre les revenus et la valeur parce que les actionnaires achètent une promesse et compte se rembourser une fois que l’entreprise aura atteint un stade mature. Et c’est pour ça que les fonds de Private Equity Growth investissent dans des dizaines de start-up, ils comptent se rembourser et faire du profit sur les 2-3 qui réussiront à vivre plus de trois ans.

On peut aussi sans doute restreindre les transactions sur le marché de revente des actions pour limiter la spéculation, j’imagine. Bref, tout ça c’était juste une petite introduction aux problématiques liées au financement des opérations :thinking:
Déjà, il faudrait restreindre les cotations d’entreprises à 1 fois par semaine voire par mois. Je ne pense pas que LVMH change de valeur à la seconde.

Tu as lu le Vernimmen ? C’est intéressant par rapport aux entreprises et leurs financements.
 

Valyrian

Pilier
Je n’ai plus la source, mais j’avais vu que la durée de possession d’actions s’était fortement réduite depuis les années 2000. Il me semble qu’actuellement un fonds cherche une rentabilité en 5 ans. D’où les stratégies de licenciement pour améliorer la rentabilité, etc. Finalement, après les 5 ans, il ne reste qu’une coquille vide.
Tigrou m'a aussi dit que l'âge moyen des entreprises a fortement diminué entre 1958 et 2018 :thinking:
Ça me rappelle des anecdotes de cours de certains de mes profs comme quoi certains fonds de Private Equity rachètent des boîtes en bonne santé et les liquident assez rapidement alors qu'en théorie elles pourraient se pérenniser sur beaucoup plus long terme :srx:


J’ai envie de dire que c’est valable depuis que les banques centrales se sont mises à racheter le marché. D’où le fait que le CAC40 et les autres bourses tapent des maximum presque tous les jours alors que les économies n’ont pas encore complètement récupéré. Après, pour les start-up, on a souvent une décorrélation entre les revenus et la valeur parce que les actionnaires achètent une promesse et compte se rembourser une fois que l’entreprise aura atteint un stade mature. Et c’est pour ça que les fonds de Private Equity Growth investissent dans des dizaines de start-up, ils comptent se rembourser et faire du profit sur les 2-3 qui réussiront à vivre plus de trois ans
Bof, les banques centrales rachètent le marché depuis seulement 2008, et ça m'avait pas l'air complètement différent auparavant :srx:



Déjà, il faudrait restreindre les cotations d’entreprises à 1 fois par semaine voire par mois. Je ne pense pas que LVMH change de valeur à la seconde.

Tu as lu le Vernimmen ? C’est intéressant par rapport aux entreprises et leurs financements
Possible, ça pourrait être une solution intéressante :oui:

Non je l'ai pas encore ouvert à vrai dire, en même temps t'as vu le pavé que c'est cte merde :mort:
 

Franc côt

Pilier
Bof, les banques centrales rachètent le marché depuis seulement 2008, et ça m'avait pas l'air complètement différent auparavant :srx:
J'ai quand même l'impression qu'on avait une meilleure corrélation entre les marchés et l'économie auparavant. Je te donne un graph du S&P500 depuis les trois grands creux, à chaque fois, la courbe est de plus en parabolique, alors que les économies ne sont pas plus productives qu'avant. Pour les dates, on est entre 2016 et actuellement et ça correspond bien à l'accélération des mesures des banques centrales.
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Non je l'ai pas encore ouvert à vrai dire, en même temps t'as vu le pavé que c'est cte merde :mort:
Je te le conseille, c'est extrêmement intéressant. Je ferais des post sur ce sujet pour synthétiser un peu ce qui y est écrit :noel:
 

Tigrou

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C'est quoi le Vernimmen ? C'est l'équivalent pour le culte du veau d'or de ce qu'est le Denzinger dans l'église catholique ?
 

Valyrian

Pilier
C'est quoi le Vernimmen ? C'est l'équivalent pour le culte du veau d'or de ce qu'est le Denzinger dans l'église catholique ?
Vernimmen c'est un polytechnicien qui a écrit un pavé de quelques 800 pages sur la finance : méthodes de calcul pour les mathématiques financières, analyse fi, bases sur les titres financiers, etc. C'est un peu la bible du bb requin de la finance on va dire
 

Tigrou

Fdp d'admin
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Vernimmen c'est un polytechnicien qui a écrit un pavé de quelques 800 pages sur la finance : méthodes de calcul pour les mathématiques financières, analyse fi, bases sur les titres financiers, etc. C'est un peu la bible du bb requin de la finance on va dire
J'étais pas si loin du compte du coup rir
 

Franc côt

Pilier
Vernimmen c'est un polytechnicien qui a écrit un pavé de quelques 800 pages sur la finance : méthodes de calcul pour les mathématiques financières, analyse fi, bases sur les titres financiers, etc. C'est un peu la bible du bb requin de la finance on va dire
1000 pages pour mon édition, et le nombre augmente à chaque nouvelle édition :sueur:
 

Franc côt

Pilier
Toi qui sembles y avoir jeté un œil, c'est comment niveau maths et applicabilité ?
Justement, j'ai préparé un message sur le risque, à partir des données du bouquin.

Au niveau des maths, c'est très bien expliqué, il n'y a rien de complexe. Ils ont une approche très didactique et le bouquin est bien découpé donc on peut facilement feuilleter les parties qui nous intéressent. Cela explique bien la finance d'entreprise, donc on se situe au niveau comptables (analyses des bilans, des comptes de groupes), au niveau du financement des entreprises sur les marchés (taux d'intérêt, risque, titres financiers), la valorisation des entreprises et les calculs y afférents, quelques théories concernant les marchés et la manière dont gérer financièrement une entreprise avec des méthodes de financement, etc.
 

Franc côt

Pilier
Le risque :

Nous allons définir le risque dans un contexte financier. Une personne qui veut investir son argent dans une entreprise va faire un choix selon plusieurs critères personnels :

– La durée de son investissement, on parle aussi d’horizon d’investissement, on n’a pas la même logique si l'on investit sur 4 heures ou sur 15 ans à la Warren Buffet

– La rentabilité espérée, que cela soit en matière de plus-value (différence entre le prix de vente et le prix d’achat) ou les paiements reçus (dividendes ou intérêts). On va réunir tout ça dans la catégorie « Flux futurs », des flux de capitaux qui tombent dans nos fouilles.

– Le risque accepté en conséquence de la rentabilité

En Finance, on a un couple qui ne se quitte jamais; c’est le couple rentabilité/risque. Si l’on espère une grande rentabilité alors il faudra accepter un grand risque. Avant de voir les indicateurs qui nous renseignent sur le risque, nous allons voir les différentes catégories. Il en existe beaucoup et celles que je vais vous présenter peuvent différer selon les sources que l’on utilise. Il faut considérer le risque comme un évènement qui rend incertains les flux futurs.

Risques industriels, sociaux… : On va résumer ça en disant que ce sont tous les risques internes à l’entreprise ou interne à son environnement (concurrents, fournisseurs, clients...) dans laquelle on veut investir. Dès qu’il y a une annonce de ce type, on peut s’attendre à ce que la valeur de l’entreprise diminue puisque les investisseurs s’attendent à une diminution des flux futurs.

Risque de crédit : Là, nous sommes dans le cas où l’on achète la dette d’une entreprise et que l’on devient son créancier. Le risque vient du fait que l’entreprise ne pourra pas vous rembourser et fera défaut. Même en liquidant tout son patrimoine, ses usines, ses machines, elle n’aura pas assez pour combler sa dette.

Plus une entreprise sera mal en point et plus les créanciers lui demanderont des intérêts élevés, pour pouvoir se faire rembourser un maximum avant que l’entreprise ne fasse faillite. J’ai toujours eu du mal à comprendre la logique de couper la jambe d’une personne déjà unijambiste pour lui faire croire que ça l’aidera à remarcher :srx:

Mais dans la logique de l’investisseur, il se prémunit d’une grosse perte en demandant des flux réguliers très importants pour se rembourser au plus vite. Si l'on estime que l’entreprise fera défaut dans 5 ans alors on demandera à l’entreprise nous rembourser en 3 ans avec un taux très élevé. Les taux d’intérêt varient en fonction du risque de défaut de l’entreprise et d’autres facteurs encore, mais c’est une autre histoire. C’est pour ça qu’un Bayer peut emprunter à taux négatif tandis que la PME du coin n’aura pas vraiment moyen de négocier ses taux.

Risque de liquidité : un risque que la banque Natixis connaît bien avec leurs fonds H2O (:rire:). C’est simple, imaginez que vous ayez 1000 actions à revendre à 100 € l’unité et qu’en face il n’y ait qu’un acheteur qui en veut 10 à 60 € l’unité. Si vous voulez vous débarrasser de votre réserve, il faudra consentir à une sorte de ristourne, une décote de liquidité. Cela peut arriver quand on spécule et que l’on se fixe un plancher en deçà duquel on ne veut pas descendre. Imaginons que l’on accepte une perte de 10 % et qu’en dessous on préfère sortir du marché. Si le cours baisse à ce niveau plancher, cela ne veut pas dire que vous allez pouvoir limiter votre perte à 10 %. Si les premiers acheteurs ont un prix inférieur à ça, alors votre plancher sera traversé et vous aurez accepté peut-être 11 ou 12 % au lieu de vos 10 % prévus.

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Ici, on peut voir la courbe du cours qui traverse notre plancher, mais notre ordre de vente pour limiter notre perte ne se déclenche que 5,03 % en dessous, au niveau des premiers acheteurs.

Risque de change : celui-ci concerne les investissements dans une autre devise. Vous pouvez avoir une plus-value sur un investissement et une plus-value qui s’ajoute en convertissant la monnaie du cours dans votre monnaie. Si vous avez 200 $ de plus-value sur Amazon et qu’un euro s’échange contre 1,31 dollar alors vous aurez 152,67 € de plus-value. Mais si 1 mois plus tard, vous avez toujours 200 $ de plus-value, mais qu’un euro s’échange maintenant contre 1,15 dollar, vous aurez alors 173,91 €. Vous faites presque 14 % de gain de change entre le cours du mois précédent et aujourd’hui. Bien sûr, cela peut aussi être en moins-value. Investir dans des entreprises étrangères demande d’anticiper les variations des cours de la monnaie, en plus de ceux des entreprises.

Risque de taux : celui-là concerne les créanciers. On avait vu, il y a bien longtemps, que les taux sont inversement proportionnels aux prix. En gros, si les taux montent, le prix baisse, pour garder le même flux pour l’investisseur. 10 % sur 100 € représente le même flux que 5 % pour 200 €, cela nous donne 10 €. Le risque vient donc en cas de hausse des taux, car notre portefeuille va perdre en valeur, même si nos flux restent inchangés. C’est embêtant si l'on comptait revendre la propriété de la dette avant son échéance. Les taux sont déterminés par le risque de l’entreprise, les taux auxquels l’État emprunte. Il est admis qu’une entreprise française ne pourra jamais emprunter moins cher que l’État français parce que l’État a un plus gros patrimoine et qu’il peut lever l’impôt pour rembourser.

Risque politique/réglementaire : si l’État nationalise un pan de l’économie dans lequel se situe votre entreprise, si l’État décide que l’activité de l’entreprise est maintenant illégale ou doit être plus réglementée, si l'on a une révolution, une politique fiscale pour réprimer cette activité, ce genre de chose ?

Risque systémique : pas de racisme ici, "juste" un risque d’effondrement du château de cartes qu’est notre système financier actuel.

Risque d’inflation : si depuis 50 ans je vous paye l’équivalent de 1 000 francs (152,45 €) par mois et que ce montant vous permet d’acheter de moins en moins de choses. Le but de l’investisseur c’est de gagner plus que le taux d’inflation, sinon il considère qu’il perd de l’argent. C’est pour cela qu’un rentier perd de l’argent quand il y a de l’inflation et que les personnes qui empruntent respirent de mieux en mieux à mesure que la monnaie se déprécie.

Risque naturel : Si vous aviez investi dans l’entreprise qui exploitait la centrale de Fukushima ou dans une entreprise qui exploite des terres agricoles touchées par des inondations/sécheresses. C’est d’ailleurs pour cela qu’il se développe des produits dérivés qui se basent sur le climat, pour protéger de ces incertitudes.

Je pense que le pavé est assez consistant pour vous épargner les outils qui permettent de mesure ce risque :noel:
 

Tigrou

Fdp d'admin
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Tiens pour le coup, Taleb a beaucoup écrit sur les risques, du coup je vais ressortir certains de ses trucs. :noel:

Tout d'abord, la plupart des trucs qui semblent "sans risques" sont en réalité risqués, c'est juste qu'on est des merdes pour estimer les risques systémiques / politiques / naturels. C'est quelque chose qui vient de son expérience personnelle pendant la guerre civile au Liban. Un fonctionnaire se dit qu'il est tranquille avec ses revenus mensuels, puis badaboum, c'est plus le cas. Alors qu'un marchand n'a pas de revenus fixes, donc a moins de "sécurité" apparente, mais si jamais ça pète il a quand même une bien meilleure résilience.

Ensuite, il y a la prise en compte du type de risques (et de gains potentiels, qui sont des risques négatifs on va dire). On va les diviser en deux sortes, ceux qui sont limités et ceux qui sont illimités. On va prendre quatre cas :

1. Jouer au loto. (Risques limités, gains limités.) On sait combien d'argent nous coûte le ticket ; on ne perdra pas plus que ça. On sait combien d'argent on est susceptible de gagner ; on ne gagnera pas plus que ça. (Et on sait aussi quelles sont nos probabilités de gagner, ce qui fait qu'on sait que ça vaut pas le coup, mais bref.)

2. Marché très volatile, genre le Forex. (Risques illimités, gains illimités.) On peut tout aussi bien se ruiner en perdant dix fois sa mise, que devenir riche en ayant une position qui va "jusqu'à la lune". Le Forex est peut-être un mauvais exemple ; Franco me corrigera au besoin. :sueur:

3. Acheter de la cryptomonnaie. (Risques limités, gains illimités.) On sait combien d'argent on met en jeu, et au pire on perdra simplement sa mise. Mais dans le meilleur des cas, la crypto peut monter très haut ; il n'y a pas de limite fixe au profit que l'on peut se faire.

4. Un actif financier toxique. (Risques illimités, gains limités.) Il rapporte un peu d'argent régulièrement, mais pas plus qu'un peu. Par contre, il peut exploser et nous faire couler avec lui.

La recommandation de Taleb est, dans un premier temps, d'éviter comme la peste tout ce qui a des risques illimités. C'est la partie "via negativa". Si ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, faut commencer par virer ce qui nous tue. Dans un second temps, s'exposer à des trucs qui ont des risques limités mais des gains illimités. Ce genre d'actifs permet de s'exposer au côté bénéfique du hasard. On peut avoir un coup de chance et gagner énormément ; ça arrive. Son expérience est surtout avec les options financières, mais il fait de son mieux pour généraliser ça à la vie en général.

Du coup, dans son analyse, ce qui compte le plus c'est l'asymétrie entre les risques et les gains. Vaut mieux avoir des actifs qui ont 1% de chances de nous rendre riche et 99% de chances de nous faire perdre un dollar, que 1% de chances de nous rendre pauvre et 99% de chances de nous faire gagner un dollar. Parce que le petit 1% finit par arriver un jour ou l'autre.

Il présente la stratégie "barbell", qui est une stratégie du "rien au milieu". Mettre 90% dans des actifs sûrs, comme des bons du trésor, et 10% dans des actifs très volatiles mais aux coûts limités, comme des cryptos ou des options. Les actifs sûrs sont là pour nous empêcher d'exploser, et le reste pour nous permettre d'avoir un coup de chance. Une version non financière de la stratégie, c'est d'avoir un job à temps partiel pour avoir des revenus fixes, et à côté avoir une activité plus libre du genre écrire des bouquins, en espérant faire stonks.

C'est sans doute un résumé très inadéquat, étant donné qu'il parle de beaucoup de choses, mais je ne pense pas avoir trahi sa pensée. :noel:
 

Franc côt

Pilier
Tiens pour le coup, Taleb a beaucoup écrit sur les risques, du coup je vais ressortir certains de ses trucs. :noel:

Tout d'abord, la plupart des trucs qui semblent "sans risques" sont en réalité risqués, c'est juste qu'on est des merdes pour estimer les risques systémiques / politiques / naturels. C'est quelque chose qui vient de son expérience personnelle pendant la guerre civile au Liban. Un fonctionnaire se dit qu'il est tranquille avec ses revenus mensuels, puis badaboum, c'est plus le cas. Alors qu'un marchand n'a pas de revenus fixes, donc a moins de "sécurité" apparente, mais si jamais ça pète il a quand même une bien meilleure résilience.
Exactement, c'est aussi abordé dans le Vernimenn. En gros, les gens qui se pensent sans risque sont à éviter parce que ce sont les plus risqués :rire:
Le risque est toujours présent et c'est à prendre en compte. Les gens qui se pensent sans risque sont juste des inconscients.


2. Marché très volatile, genre le Forex. (Risques illimités, gains illimités.) On peut tout aussi bien se ruiner en perdant dix fois sa mise, que devenir riche en ayant une position qui va "jusqu'à la lune". Le Forex est peut-être un mauvais exemple ; Franco me corrigera au besoin. :sueur:
J'aurais plutôt parlé des produits dérivés mais c'est ça, il y a des risques que ta perte soit illimitées si le marché part dans la "mauvaise" direction. Enfin on peut affiner un peu :
- parie à la hausse : la gain est illimité, la perte est limité parce que l'on ne peut pas perdre plus que ce que l'on perdrait si le cours arrivait à 0. Mais avec les effets de levier, ça devient encore plus risqué.
- parie à la baisse : gain limité parce que le cours ne peut pas arriver en-dessous de zéro (et encore, on a vu des prix du pétrole négatif en mars 2020) mais la perte est potentiellement illimité si le cours monte jusqu'au ciel.


La recommandation de Taleb est, dans un premier temps, d'éviter comme la peste tout ce qui a des risques illimités. C'est la partie "via negativa". Si ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, faut commencer par virer ce qui nous tue. Dans un second temps, s'exposer à des trucs qui ont des risques limités mais des gains illimités. Ce genre d'actifs permet de s'exposer au côté bénéfique du hasard. On peut avoir un coup de chance et gagner énormément ; ça arrive. Son expérience est surtout avec les options financières, mais il fait de son mieux pour généraliser ça à la vie en général.

Du coup, dans son analyse, ce qui compte le plus c'est l'asymétrie entre les risques et les gains. Vaut mieux avoir des actifs qui ont 1% de chances de nous rendre riche et 99% de chances de nous faire perdre un dollar, que 1% de chances de nous rendre pauvre et 99% de chances de nous faire gagner un dollar. Parce que le petit 1% finit par arriver un jour ou l'autre.

Il présente la stratégie "barbell", qui est une stratégie du "rien au milieu". Mettre 90% dans des actifs sûrs, comme des bons du trésor, et 10% dans des actifs très volatiles mais aux coûts limités, comme des cryptos ou des options. Les actifs sûrs sont là pour nous empêcher d'exploser, et le reste pour nous permettre d'avoir un coup de chance. Une version non financière de la stratégie, c'est d'avoir un job à temps partiel pour avoir des revenus fixes, et à côté avoir une activité plus libre du genre écrire des bouquins, en espérant faire stonks.

C'est sans doute un résumé très inadéquat, étant donné qu'il parle de beaucoup de choses, mais je ne pense pas avoir trahi sa pensée. :noel:
C'est intéressant et pertinent. En effet, il vaut mieux réserver une petite partie de son capital dans des actifs risqués et qui rapportent. Mais ça dépend de l'appétence au risque de chacun. Certain préfère mettre 100% dans les obligations d'Etats parce que "l'Etat ne fera pas faillite" tandis que d'autres voudront mettre 100% dans les cryptos parce que "La Lambo ou rien".

Et d'ailleurs ça fait un lien avec ce que je voulais développer pour plus tard, les manières de quantifier le risque. En gros, on a un indicateur qui nous dit que l'on a 99% de risque de perdre au maximum XXXX€ sur une période donnée. On a plusieurs méthodes pour le calculer, une manière en se basant sur l'historique du cours, une manière en imaginant la répartition des gains pertes selon une courbe en cloche (Gauss) et une manière de Monte-Carlo que je n'ai malheureusement pas abordé encore. La partie sur les 1% de chance est difficile à quantifier.

En Finance, on va réfléchir avec la courbe de Gauss, sauf que la réalité n'est pas comme ça. Les marchés ne sont pas efficient et au lieu de respecter la courbe de Gauss, on va avoir des évènements exceptionnels qui vont arriver bien plus souvent que prévue. D'ailleurs, il me semble que c'est la théorie du cygne noir de Taleb :noel:
 

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
Mais ça dépend de l'appétence au risque de chacun. Certain préfère mettre 100% dans les obligations d'Etats parce que "l'Etat ne fera pas faillite" tandis que d'autres voudront mettre 100% dans les cryptos parce que "La Lambo ou rien".
Je sais bien. Je suis moi-même très rétif au risque. J'ai moins de 1‰ de mon capital dans des actifs susceptibles de stonks. J'évolue là-dessus, mais ce n'est pas forcément très rapide et ça me demande de me forcer. :sueur:

Et d'ailleurs ça fait un lien avec ce que je voulais développer pour plus tard, les manières de quantifier le risque. En gros, on a un indicateur qui nous dit que l'on a 99% de risque de perdre au maximum XXXX€ sur une période donnée. On a plusieurs méthodes pour le calculer, une manière en se basant sur l'historique du cours, une manière en imaginant la répartition des gains pertes selon une courbe en cloche (Gauss) et une manière de Monte-Carlo que je n'ai malheureusement pas abordé encore. La partie sur les 1% de chance est difficile à quantifier.
Ouais, Taleb s'en plaint en disant que les gaussiennes sont pas utiles parce que des fois c'est des "power laws". C'est la distinction entre les "queues fines" (quand les deux queues de chaque côté de la cloche ont peu d'impact) et les "queues épaisses" (quand elles dominent le truc). Genre dans les ventes de livres, c'est les livres qui sont dans la queue à droite de la gaussienne qui dominent très largement le truc. Harry Potter, Twilight, etc. Si c'est la queue qui domine, alors la cloche sert juste à brouiller les pistes et la quantification du risque est artificielle et nuit à son estimation réelle, qui n'est pas quantifiable, ou en tout cas pas réductible à un chiffre unique.

(Queues fines et queues épaisses sont des traductions improvisées de "thin-tailed" et "fat-tailed".)
 

Franc côt

Pilier
Je sais bien. Je suis moi-même très rétif au risque. J'ai moins de 1‰ de mon capital dans des actifs susceptibles de stonks. J'évolue là-dessus, mais ce n'est pas forcément très rapide et ça me demande de me forcer. :sueur:
Déjà c'est très bien que tu aies conscience de ça. Ensuite, tu peux commencer par les actifs les moins risqués des actifs risqués pour t'habituer progressivement :noel:
J'ai vu que les banques conseillent une répartition entre 1% et 5% donc tu es dans le bon.

Exemple : sur les cryptos qui sont très risqués et qui explosent les barèmes de risque des marchés classiques, tu peux commencer par le Bitcoin et l'Ethereum qui ont un historique plus important que les autres et des applications concrètes.

Ouais, Taleb s'en plaint en disant que les gaussiennes sont pas utiles parce que des fois c'est des "power laws". C'est la distinction entre les "queues fines" (quand les deux queues de chaque côté de la cloche ont peu d'impact) et les "queues épaisses" (quand elles dominent le truc). Genre dans les ventes de livres, c'est les livres qui sont dans la queue à droite de la gaussienne qui dominent très largement le truc. Harry Potter, Twilight, etc. Si c'est la queue qui domine, alors la cloche sert juste à brouiller les pistes et la quantification du risque est artificielle et nuit à son estimation réelle, qui n'est pas quantifiable, ou en tout cas pas réductible à un chiffre unique.
Sans dériver sur des maths, j'ai un indicateur qui me montre bien que mes gains/pertes ne sont pas du tout réparties sur une courbe gaussienne pour mon fonds cryptos ou en tout cas que j'ai des évènements aléatoires beaucoup plus fréquents que prévu. Si ça t'intéresse, c'est le Kurtosis.

(Queues fines et queues épaisses sont des traductions improvisées de "thin-tailed" et "fat-tailed".)
Ce sont les bonnes traductions, on utilise ces termes là :panachay:
 

Tigrou

Fdp d'admin
Membre du personnel
Exemple : sur les cryptos qui sont très risqués et qui explosent les barèmes de risque des marchés classiques, tu peux commencer par le Bitcoin et l'Ethereum qui ont un historique plus important que les autres et des applications concrètes.
Yep, je commence petit à petit à me mettre aux cryptos. D'ailleurs, j'en profite pour te remercier, ton conseil du BRB a fonctionné, mon petit portefeuille crypto a grossi. :panachay:

Sans dériver sur des maths, j'ai un indicateur qui me montre bien que mes gains/pertes ne sont pas du tout réparties sur une courbe gaussienne pour mon fonds cryptos ou en tout cas que j'ai des évènements aléatoires beaucoup plus fréquents que prévu. Si ça t'intéresse, c'est le Kurtosis.
Je connais le terme, je le remplace mentalement par "tailedness". Genre c'est la caractéristique d'avoir une queue fine ou épaisse (la mienne est très épaisse :cool:). Je savais pas que c'était un truc formalisé.
 

Franc côt

Pilier
Yep, je commence petit à petit à me mettre aux cryptos. D'ailleurs, j'en profite pour te remercier, ton conseil du BRB a fonctionné, mon petit portefeuille crypto a grossi. :panachay:
Je t'enverrais d'autres projets qui paraissent intéressant sur le long-terme mais bien-sûr, ce ne sont pas des conseils financiers :smirk:

Je connais le terme, je le remplace mentalement par "tailedness". Genre c'est la caractéristique d'avoir une queue fine ou épaisse (la mienne est très épaisse :cool:). Je savais pas que c'était un truc formalisé.
Si si c'est un indicateur utilisé, tout comme la VaR dont je parlais tout à l'heure avec les 95% de risque de perdre XXXX€ sur une période donnée. On peut aussi regarder la volatilité qui nous indique de combien on peut dériver de la rentabilité moyenne. On peut aussi regarder la perte maximale (MDD) et en combien de temps on peut récupérer de cette baisse
 

Grominet

Membre validé
Bonsoir, pour les crypto, mieux vaut pas investir sur les Monero que Bitcoin (ce dernier moins anonyme et ayant déjà trop augmenté bientôt proche de la fosse...).

Sinon je voulais savoir si vous avez lu le livre "La France peut-elle tenir encore longtemps" de Agnès-Verdier Molinié ?
 
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